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31e édition des ROCKOMOTIVES de VENDÔME

(22 au 29/10/2022 – Vendôme / 41)

Le « plus petit des grands festivals » tient son cap avec une programmation croisant les styles, les âges, les origines, et dans un environnement où convivialité ne rime ni avec Espace VIP ni avec ‘golden pit’. A voir cette année entre autres : The Liminanas, Cœur de Pirate, Fishbach, EZ3kiel, Jaques, Alain Damasio & Yan Péchin, Cabadzi, le « supergroupe » Mid Band avec les plus fines gâchettes musicales de la région, Star Feminine Band, Herman Dune, BRNS, Mule Jenny ou encore les suisses Honey For Petzi. 

MIËT « Ausländer »

(21/10/2022 – Ici d’ailleurs / L’Autre Distribution)

La solitude pousse-t-elle à partir à la rencontre de l’autre ? Toujours seule en scène, la Nantaise Suzy LeVoid explique combien la découverte d’une altérité nourrit sa création, au point d’avoir choisi pour ce deuxième album toujours anglophone un titre en allemand, accentuant la distance avec cet étranger dont il est question. On n’a pourtant pas l’impression qu’elle est seule, tant ce nouvel album est riche. Il parvient à s’appuyer sur les solides bases du premier (celles d’un rock abrasif aux fureurs jamais gratuites et sachant aller à l’essentiel sans s’assécher), pour s’ouvrir. S’ouvrir à d’autres styles (Not The End lorgnant vers une pop urbaine où on ne l’attendait pas), à d’autres sons (gimmicks electro entêtants de Sleeping Dog, nappes oniriques de The One That Loves), d’autres façons de faire cheminer rythmes et ambiances (I Belong To The Dead, Did We Ever), à un calme certes toujours inquiet (The One That Kills), à la lenteur même (poignant The Path), voire à une impressionnante amplitude vocale (Unbeknownst). A l’instar de l’introductif Ones, il y a souvent plusieurs facettes dans les créations de Miët, aucune ne laissant deviner quelle sera la suivante, comme dans une rencontre où le premier regard ne saurait suffire si le sujet est digne d’intérêt. Un concept illustré avec brio par le saisissant visuel de cet album : on n’a pas fini en somme, de faire le tour de la question.

LA FELINE « Tarbes »

(14/10/2022 – Kwaidan Records / Kuroneko)

Après le spatial et acclamé Vie future, retour sur terre et même sur ses terres pour Agnès Gayraud aka La Féline, avec un nouvel album portant le nom d’Une ville moyenne de province où elle a grandi. De la chanson nourrie de multiples influences allant du rock à la trap, qu’elle défendra sur scène en quartet. Des rendez-vous et des promesses (Place de Verdun), des mises en garde (Va pas sur les quais de l’Adour), des espoirs (Dancing), la musique si importante déjà (Je dansais allongée) : étendant encore le vaste territoire de La panthère des Pyrénées, affirmant avec brio son statut d’artiste qui compte dans un monde trop balisé, La Féline nous entraîne sur des chemins qui n’appartiennent qu’à elle.


VADIM VERNAY « Hang Tight »

(14/10/2022 – La Mais°n / Kuroneko)

A l’instar d’un Matt Elliott, le picard Vadim Vernay a emprunté un chemin à contre-courant, partant des machines et de l’electro 100% instrumental pour aboutir aujourd’hui à une proposition où le folk de songwriter le plus épuré (Bad Land Alley, That Curse…) se mêle à l’énergie noire et contenue d’un post-rock habité (How) ou de formats plus pop faisant plus (Your Smile) ou moins (Gallows Tree) entrer la lumière. Le tout hanté par nombre d’ombres féminines (Lucky Enough, Quick Sands), de celles qui aident à tenir bon…

LENT « Au galop »

(30/09/2022 – Tricollection – Araki Records / Musea)

Ces Orléanais venus du jazz nous entraînent à leur rythme (Lentement mais au galop !) sur une terra incognita qu’on placera tout de même sur le continent du rock, sur un point culminant accessible par un chemin escarpé fait des cassures rythmiques et de textes roboratifs en français, duquel on aperçoit autant Katerine que les Stooges, Zappa que La Rumeur, Anne Sylvestre que Robert Wyatt. On passe ainsi avec aisance de textes premier degré ascendant con-con à des tableaux bien plus abstraits, jouant à Bière-Feuille-Ciseaux avec le pilier de comptoir du coin, échappant aux écrans omniprésents des Selfie de toi par de salutaires Fuites Cathodiques, à coup de valse un peu boiteuse (Horizon fantôme) ou d’envolées plus éthérées (Au milieu du chant des oiseaux). On perd souvent ses repères mais c’est justement ça qui est bon !

MATTHIAS DELPLANQUE « Ô Seuil »

(23/09/2022 – Mind Travels / Ici d’Ailleurs / L’Autre Distribution)

Suite directe du Drachen également paru sur la collection Mind Travels dédiée aux musiques instrumentales (ambiant, indus ou disons un peu à part), le nouvel album du Nantais expert en paysages sonores est certes « électronique », mais l’ensemble des sources sonores est acoustique. Sans doute cela ajoute-t-il au pouvoir d’évocation narratif de chacune de ses pièces, enrichies d’une large palette d’instruments percussifs. Transe inspirée du Moyen-Orient (Seuil 3, Seuil 6) ou timbres évoquant l’Asie du Sud-Est (Seuil 8) entre autres permettent de voyager loin sitôt franchie la porte de ce disque étonnamment facile d’accès, promesse tenue pour le nouveau chapitre de cette passionnante collection.

THE YOUNG GODS play Terry Riley « In C »

(09/09/2022 – Two Gentlemen / Kuroneko)

Les légendes Suisses élargissent encore un peu leur vaste territoire en proposant leur interprétation d’une des pièces majeures du répertoire contemporain, œuvre d’un des fondateurs du minimalisme et des musiques répétitives, le californien Terry Riley. Cinquante trois mesures que chaque musicien visite dans l’ordre mais à sa convenance, faisant de In C une œuvre à chaque fois différente. En ayant pu glaner des sonorités originales dans la caverne d’Ali Baba du SMEM (musée Suisse des synthés), Bernard Trontin (s’accordant ce qu’il faut de liberté à la batterie), Cesare Pizzi et Franz Treichler font de cette expérience, où leur cohésion et leur complicité se révèle encore, un hypnotisant pas de côté.

Festival HOP POP HOP 2022

(16-17/09/2022 – Orléans)

Désormais bien installé dans le calendrier, le festival a conservé le 2e lieu plein air au cœur de la ville qui lui avait permis de se tenir malgré le covid, le Campo Santo, et réouvre cette année la Scène Nationale : avec le Jardin de l’Evêché et la salle de l’Institut, de quoi revenir à plus de 35 propositions de groupes et artistes de tous styles musicaux ! Et si quelques valeurs sûres sont de la partie comme toujours (Protomartyr, Burning Heads, Bagarre, Laura Cahen…) aux côtés d’artistes déjà repérés (Gaspar Claus, Jahwar, Tshegue…) Hop Pop Hop reste plus que jamais dédié à l’émergence et sera encore une fois le spot idéal pour repérer les artistes de demain. Nombreux sont les paris qu’on pourra faire de nouveau cette année avec une belle diversité de styles musicaux et d’origine, par exemple Kiwi Jr, Uzi Freyja, LNDFK, Kutu, Oete, Coco Em, Lent, la création Transmission ou encore Pip Blom.

JÉRÔME MINIÈRE « La mélodie, le fleuve et la nuit »

(26/08/2022 – Objet Disque / Kuroneko)

La mélodie, le fleuve et la nuit, comme trois axes, repères paradoxaux, immuables et changeants, qui servent de boussole à des chansons qui naviguent dans notre époque fragmentée, désorientée. Si l’on retrouve Deux choses à la fois, Nuit Américaine, Le son du temps qui nous dépasse et Paruline à savoir les singles ayant permis de patienter avant l’arrivée de ce nouvel album, le franco-québécois nous fais visiter d’autres merveilles. On peut citer Ta maison en duo avec Françoiz Breut, Lasso qui doit autant à Brassens qu’à Deleuze, les souvenirs touchants de Simple comme bonjour ou encore le voyage dans le temps offert par Le singe musicien. Empruntant subtilement à beaucoup de styles musicaux avec ce talent pour se jouer du temps, Minière nous compte des histoires en nous faisant voyager dans sa géographie, toujours sur le fil. Celles d’un pays qui n’appartient qu’à lui.

TRANSMISSION « Transmissions »


(19/08/2022 – Figures Libres Records / L’Autre Distribution)

Initié par Hop Pop Hop et les Rockomotives, ce boys band made in Centre Val de Loire réunit Johan Guillon (Ez3kiel), Lionel Laquerrière (Geysir) et James P. Honey (Buriers) autour de Western Electric, l’étrange cabine téléphonique musicale importée de Louisiane par le festival orléanais. Une création sous contrainte donc. S’autorisant de longues plages, les boucles hypnotiques et sombres des deux Français sont un écrin tour à tour étrange, abrasif et fascinant pour le flow implacable de l’Anglais. Appel longue distance, vous le prenez ?